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Prestation de serment de Barack Obama le 20 janvier 2009
Conférence sur la diversité à Science-Po Paris le 20 janvier 2009
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Conférence sur la diversité à Science-Po Paris le 20 janvier 2009- publie le 3 février 2009A l’occasion de l’investiture de Barack Obama à la présidence aux Etats-Unis, l’association « Afrique et nouvelles interdépendances » a organisé le mardi 20 janvier à Sciences Po Paris une conférence-débat sur la représentation politique de la diversité en France et en Belgique. La table ronde avait pour thème : « Des trajectoires atypiques qui témoignent de la longue marche vers la diversité en Europe. » Elle réunissait Yamina Benguigui, réalisatrice et adjointe au Maire de Paris chargée des droits de l’homme et de la lutte contre les discriminations, George Pau Langevin, députée de Paris, Rama Yade, Secrétaire d’Etat chargée des droits de l’homme, et Ahmed El Ktibi, échevin à la Ville de Bruxelles et député régional. Ahmed El Ktibi a raconté son itinéraire personnel. Travailleur social dans les quartiers, il s’est engagé pour la défense des droits des immigrés et dans l’éducation à la citoyenneté. Il s’efforce désormais de traduire dans les parlements et les conseils communaux, l’égalité des chances de la population belge dans toute sa diversité. Ahmed a souligné que la différence entre les situations française et belge provient de l’histoire et des institutions des deux pays. La France, longtemps centraliste, revendique une identité forte et prône l’égalité républicaine et assimilationniste. De son côté, la Belgique est un Etat fédéral, communautarisé et régionalisé en quête d’une identité toujours en devenir, qui organise la cohabitation de deux grandes communautés linguistiques. On dit souvent, en forme de boutade, qu’à côté des Flamands et des Wallons, les citoyens d’origine étrangère sont les vrais Belges et qu’ils sont toujours fiers de mettre en évidence leur pleine citoyenneté belge. La France a par ailleurs un passé colonial dont les populations originaires d’Algérie ou d’Afrique subsaharienne portent encore la mémoire blessée. Pourtant, insistait Ahmed, s’il est nécessaire de s’approprier le passé pour le dépasser, il est contre-productif de le ressasser. La politique n’est pas affaire de charité ou de réparation, pas plus que de ressentiment. Pour accéder à l’espace citoyen, il importe de peser sur les rapports de force existants Se faire respecter c’est se rendre légitime par son travail, son comportement, l’influence positive exercée sur son environnement… ici et maintenant. Toutefois, en politique, le sérieux et la cohérence dans l’action ne sont pas nécessairement récompensés à leur juste valeur. Paradoxalement, la qualité d’engagement des citoyens dits « allochtones » se révèle parfois être un obstacle à leur succès en politique. Ahmed s’est souvenu que le travailleur social qu’il était avant d’être élu se voyait souvent conseiller par ses véritables amis politiques de ne pas chercher à briller devant les mandataires à qui il devait présenter le bilan de ses activités… Le principe du vote obligatoire en Belgique a aussi conduit vers les urnes des populations, abstentionnistes de fait jusqu’à leur naturalisation, dont les partis politiques ont cherché les suffrages en même temps qu’une sourdine était mise aux discours racistes. Dans ses fonctions d’échevin à la Ville de Bruxelles, Ahmed précise qu’il est au service de tous les Bruxellois et de tous les quartiers qui en forment le territoire. Comme l’a démontré l’élection d’Obama, c’est surtout la conscience d’un réel enjeu politique qui mobilise l’électeur. Le taux de participation des Noirs des Etats-Unis était par exemple de 11% en 2004. Il est monté à 77% le 4 novembre 2008. La conviction d’avoir des candidats qui relayent leurs préoccupations est un encouragement aux citoyens à se déplacer vers les urnes. En racontant leur expérience personnelle, tous les participants au débat incitaient, les jeunes de la diversité à s’approprier l’espace institutionnel. Rama Yade a salué dans l’élection d’Obama, la reconnaissance du talent, du mérite et de la compétence. Ainsi, a-t-elle poursuivi, c’est le dernier président noir qui vient de prendre ses fonctions. En effet, la couleur de peau n’aura plus d’importance à l’avenir. Rama Yade évoquait la question offensante d’un journaliste lorsqu’elle avait été nommée secrétaire d’Etat : « Quel effet cela fait de passer de la cité au Quai d’Orsay ? » Comme si les études ne comptaient pour rien, comme si elle n’avait pas été diplômée de Sciences Po. Elle revendique l’excellence contre la plainte. Elle veut être jugée sur ses résultats, non sur son origine. Le souvenir le plus intense de Rama Yade depuis sa prise de fonction c’est sa première séance au Conseil de sécurité de l’ONU lorsque le Secrétaire général Ban Ki-moon s’est adressé à elle en lui demandant d’exposer la position de la France. Elle réalisa alors pleinement ce que voulait dire « représenter la France ». George Pau Langevin se déclarait contre toutes les discriminations, y compris les discriminations positives. S’il faut des mesures provisoires pour refléter au niveau politique la diversité des citoyens, on ne peut instaurer de politique de quotas ou de places réservées. Elle aussi insiste sur le fait d’avoir été élue dans le XXème arrondissement de Paris, où vivent peu de personnes d’origine guadeloupéenne, sur son programme et non sur sa couleur de peau ni par une communauté. Yamina Benguigui a été à Chicago où elle a constaté dans les quartiers Sud à l’abandon l’enthousiasme vibrant qu’a généré l’élection d’Obama. Pour elle, a promotion de la diversité doit se faire aussi dans les médias qui est un miroir de la société. Son reportage sur le 93 a suscité de nombreux débats mais aussi une prise de conscience, parmi la jeunesse du département de Seine-Saint-Denis, que l’action politique est nécessaire. Enfin, elle estime que l’héritage de la période coloniale est encore très lourd et que les sacrifices des « Français d’outre-mer » durant les guerres n’ont pas été reconnus à leur juste mesure. « Yes we alson can » lançait en conclusion Romuald Dzomo Nkongo, président d’Afrique et nouvelles interdépendance, qui milite pour la participation des jeunes des cités à la vie politique française.
redacteur spip:
0. Ahmed El Ktibi
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