Site de Ahmed El Ktibi
  • Député au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale
  • Vice Président de la commission des affaires intérieures chargée des pouvoirs locaux et des compétences d'agglomération
  • Député au Parlement francophone de Bruxelles (Cocof)
  • Echevin des Travaux Publics, de la Participation et de l'Egalité des chances à la Ville de Bruxelles
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


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Intervention au nom du groupe, en séance plénière du 11 décembre concernant le budget

- publie le 14 décembre 2009

Protection de l’environnement, développement durable, économies d’énergie, accès à une eau de qualité, réduction des émissions de co2, biodiversité, climat… Ces mots ont résonné au sein de la commission environnement tout au long des discussions budgétaires.

Je pense qu’il s’agit d’une avancée qui me porte d’ailleurs à croire que les politiques bruxellois ont enfin pris la complète mesure de la crise et des défis environnementaux auxquels nous devons faire face.

En tout cas le Groupe Socialiste s’inscrit pleinement dans ces mesures visant à promouvoir un modèle de développement durable.

Cependant, je me dois d’émettre un bémol, car j’estime pour ma part que la justice environnementale n’existe pas sans justice sociale.

En effet, si les Socialistes ont toujours combattu pour une meilleure répartition des richesses, je ne vous cache pas que les Socialistes combattront pour une plus grande équité dans la répartition des coûts environnementaux.

C’est la raison pour laquelle, il faut éviter que les contraintes environnementales, qui imposent à la construction ou à la production des coûts supplémentaires, pèsent trop lourdement sur les moins favorisés.

De la même manière, il faut éviter que les aides publiques aux particuliers aboutissent à faire de l’écologie un privilège réservé aux familles aisées. C’est en suivant cette logique que nous nous sommes opposés à la transformation du système de primes photovoltaïques, en un investissement spéculatif à haut rendement.

Atteindre la justice sociale en rencontrant le défi environnemental, voila notre leitmotiv !!! Ce sera d’ailleurs le fil rouge de mon intervention, qui débutera par le Secteur de l’énergie :

Nous avons relevé que le budget relatif à la promotion de l’efficacité énergétique est en forte croissance. Les sommes qui y figurent sont principalement destinées à la promotion de l’efficacité énergétique, au développement et la promotion de support en matière d’information ainsi qu’à l’octroi de primes à l’utilisation rationnelle de l’énergie.

A ce titre nous espérons que les 42 % d’augmentations que nous relevons s’adresseront à l’avenir prioritairement aux personnes précarisés ainsi qu’aux locataires, qui sont les plus touchés par la hausse de la facture énergétique.

Je vous rappelle qu’une analyse détaillée de la ventilation des primes par communes démontre par exemple que Watermael, Uccle, ou Woluwe, que l’on pourrait qualifier de communes assez aisées, ont bénéficié en 1er lieu desdites primes énergie, que ce soit en nombres de primes ou en montant cumulé, loin derrière les communes dont les populations sont plus fragile. Les Boitsfortois ont ainsi reçu en moyenne près de 2 fois le montant perçu par les habitants de Saint-Josse ou encore de Molenbeek.

Il en va de même pour les actions de promotion de la maison passive, qui devrait intégrer la question de savoir comment mettre ces maisons à la portée de ceux qui en auraient le plus besoin, à savoir les moins favorisés de notre société, et notamment dans le logement social.

Nous espérons aussi, que l’augmentation du budget relatif aux campagnes d’informations et autres communications sera ciblée en direction de publics plus difficiles à toucher. Comme cela a été évoqué en commission par Ahmed Mouhssin, il ne suffit pas de produire de grands panneaux ou de grandes affiches.

Nous Socialistes, nous pensons qu’il faut mettre en place des mesures structurelles permettant d’informer en priorité les plus démunis.

A ce titre, nous souhaiterions avoir de plus amples précisions quant aux types de campagnes que vous projetez d’initier ainsi que les mesures d’accompagnement prévues au budget ? En éclairant notre lanterne, Madame la Ministre fera d’une pierre deux coups puisque de notre côté, nous seront rassurés et de l’autre, ses détracteurs ne penseront plus qu’elle céde uniquement aux chants des sirènes de l’autopromotion.

Venons-en au Secteur de l’eau :

En guise d’introduction, permettez moi l’expression mais je serais tenté de dire que ce secteur à connu pas mal de vagues et de remous ces derniers temps…

C’est pourquoi, nous insistons pour que les mesures avancées au sein de ce budget ne mettent pas à mal ce droit vital que constitue l’accès de tous à l’eau. A ce titre, nous rappelons que l’alimentation du Fonds social de l’eau, l’accentuation de la tarification solidaire ainsi que l’application différenciée du coût-vérité sont de nature à soulager le budget des ménages les plus frappés par la crise.

En ce qui concerne l’augmentation du fonds social. Vous nous aviez annoncé en commission qu’une décision avait été prise, mais qu’il fallait encore en fixer les modalités.

A ce titre, nous souhaiterions avoir de plus amples précisions sur le timing dans lequel nous pouvons espérer enfin voir cette mesure se concrétiser sur le terrain, car au vu de la situation difficile de nos CPAS, nous ne vous cachons pas qu’il existe une très forte demande en la matière ?

Entre parenthèse, nous pensons que l’aurait pu faire même mieux que de doubler le montant dévolu à ce Fonds social.

Enfin, nous souhaiterions savoir si le budget relatif à la politique de l’eau contient des mécanismes permettant au fameux coût-verité de tenir compte des réalités sociales et économiques de chacun ?

Car, nous rappelons qu’il serait mal venu de mettre en œuvre une mesure qui frapperait de manière aveugle et uniforme, donc injuste, l’ensemble des habitants de la Région, ce, quelque soit leur capacité financière.

Venons-en à l’alliance Emploi Environnement :

Je dirais tout d’abord un petit mot sur les crises et j’ai bien dit « les » crises, car à coté de la crise environnementale, nous connaissons aussi une crise économique et financière.

Cette crise financière et cette crise climatique se combinent et s’entrelacent. Elles proviennent d’un même système économique, où règne le tout au marché, qui écrase les plus faibles et vandalise notre environnement sans d’autre logique que l’accumulation des profits par et pour une petite minorité.

Je vous le demande chers collègues : qui sont les principales victimes de ces crises ? Et bien, du Nord au Sud, ce sont les plus précarisés qui paient le prix fort et ne me dites pas que c’est de la démagogie, c’est la réalité malheureusement.

Le Groupe Socialiste pense que nous pouvons sortir de la situation économique actuelle, tout en évitant de prendre le chemin d’une croissance destructrice de l’environnement, dévoreuse d’énergies fossiles et émettrice en masse de CO2.

Seule la mise en place d’une véritable alliance Emploi-Environnement nous permettra d’y arriver, par la création massive d’emplois socialement et écologiquement utiles.

Madame la Ministre, vous avez prévu une nouvelle AB de 775.000 euro intitulée Alliance emploi-environnement et je vous en félicite. Car nous pensons qu’il y a un potentiel énorme en la matière. Mais pour y arriver, il faut partir de ce qui existe. En effet, les actions ne doivent pas être spectaculaires mais plutôt être rentables à long terme. Car les moyens sont limités et malheureusement, on ne va pas pouvoir investir partout, en fonçant tête la première.

A l’heure actuelle, l’essentiel des emplois verts se situe dans la construction. Or, il s’agit d’un secteur frappé par une sévère pénurie et pour lequel on peine à trouver de la main d’œuvre qualifiée.

C’est pourquoi, nous souhaiterions savoir à quels projets seront alloués ces fonds ?

Serviront-ils à développer des projets locaux, à proposer des formations adressées prioritairement aux demandeurs d’emploi peu qualifiés ou encore aux plus précarisés ?

Nous espérons que ce sera le cas, car il nous appartient de remettre l’économie au service de l’homme et de son environnement, d’encourager le développement d’éco-filières, de systématiser l’éco-conditionnalité de toute politique de développement et de reconnaître l’économie sociale et solidaire comme acteur économique à part entière.

C’est pourquoi, nous plaidons pour que cette Alliance Emploi-Environnement se concrétise de manière transversale, en s’imbriquant dans les différentes politiques menées par l’ensemble des membres du gouvernement.

A ce titre, nous nous demandons quelles seront les actions développées en synergie avec le ministre en charge de l’emploi ou encore celui en charge de la formation professionnelle ?

Car en la matière, nous pensons qu’il n’y a pas de chasse gardée et que nous devons agir de concert. C’est la raison pour laquelle nous souhaiterions avoir de plus amples précisions sur le timing dans lequel seront réunis les acteurs annoncés dans l’accord de gouvernement ?

Car pour relever ce défi, il nous faudra réunir l’ensemble des autorités publiques, Régionales mais aussi locales, en ce compris les acteurs de la formation professionnelle, les acteurs des secteurs concernés ainsi que les partenaires sociaux.


redacteur spip:   0. Ahmed El Ktibi
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