Site de Ahmed El Ktibi
  • Député au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale
  • Vice Président de la commission des affaires intérieures chargée des pouvoirs locaux et des compétences d'agglomération
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Intervention lors de la séance plénière du Parlement francophone bruxellois concernant la proposition de résolution relative à la lutte contre l’hépatite C

- publie le 6 juillet 2007

L’hépatite C (VHC) est une maladie virale qui, en absence de traitement, peut s’aggraver et évoluer vers la chronicité dans 80% des cas, vers la cirrhose du foie dans 20% de cas. En Belgique, 1% de la population est porteur du virus. Malheureusement, la maladie et ses modes de transmission sont très peu connus du public (transfusion avant ’92, seringue, tatouages, piercing ...) et donc les risques de contamination sont d’autant plus importants.

Dans ce contexte, le groupe socialiste a toujours soutenu le travail des associations qui oeuvrent dans le domaine de la réduction des risques car, encore trop peu de gens s’en émeuvent aujourd’hui, le taux de mortalité de l’hépatite C est en augmentation et la maladie tue quatre fois plus que le Sida.

Certains facteurs influencent négativement l’évolution de la maladie comme l’âge, l’infection par d’autres virus, la durée de l’infection, l’alcool, le diabète, l’obésité, le sexe masculin, les drogues par intraveineuses et pailles.

L’hépatite C, au même titre que le Sida, est un problème de santé publique et toutes les dispositions doivent être envisagées pour soutenir une politique active en matière d’information,de prévention et de soins ; l’accès au dépistage doit être intensifié, gratuit et anonyme, en particulier dans les prisons. Au niveau fédéral, un plan national de prévention devrait être établi et au niveau de l’INAMI le remboursement à tous les malades devrait être normalisé. (Certains soins étant remboursés, d’autres pas)

Aujourd’hui, il n’existe pas encore de vaccins pour prévenir le VHC. Cependant, un traitement efficace permet de soigner la maladie mais il est cher (1700 €/mois) et long (entre 6 et 12 mois) avec d’importants effets secondaires. Le remboursement de la mutuelle est presque total (25 € /mois à charge du malade) pour autant que le patient soit en règle de mutuelle. Le problème reste donc complet pour les autres malades et nous savons que ceux-ci sont en grande majorité des personnes précarisées. C’est pourquoi, la maladie doit être vue dans son ensemble tant d’un point de vue social que médical et psychologique. La prise en charge personnalisée pour chaque patient est nécessaire. Notre proposition de résolution vise dans l’ensemble ces mêmes objectifs et appelle à poursuivre l’appui que la Commission communautaire française accorde déjà au Réseau Hépatite C-Bruxelles.

C’est dans cette optique que le Réseau Hépatite C fonctionne à Bruxelles avec une volonté de pluridisciplinarité car, comme nous l’a dit le docteur Jean-Pierre Mulkay lors des auditions de notre Commission, « il est primordial de considérer le malade dans son intégralité, d’un point de vue non seulement médical mais aussi social et psychologique ».

Etant donné que les partenaires de ce réseau rencontrent souvent les mêmes patients, à l’occasion de leurs réunions, ils peuvent échanger des informations utiles à une meilleure prise en charge de leurs patients communs et apprendre les uns des autres leurs pratiques respectives.

Le Réseau Il organise des campagnes d’information pour le public à risques mais aussi des forums et séminaires pour des médecins qui travaillent seuls. Cet aspect du travail de prévention est d’autant plus important que l’hépatite C est une maladie particulièrement sournoise. Elle peut demeurer asymptomatique pendant de très longues années. Les personnes porteuses peuvent ignorer l’existence de leur maladie pendant des années.

Pour le groupe PS, il est important de structurer la prévention, le dépistage et la prise en charge de la maladie par les pouvoirs publics (fédéral, régional et communautaire), mais aussi augmenter les moyens dévolus à la recherche d’un vaccin et de nouveaux traitements.

Il nous semble également opportun de développer des espaces de dialogue pour malades et familles, ce qui permettra d’assurer une meilleure qualité de vie au cours du traitement qui sera obligatoirement long et pénible, sans oublier le soutien à apporter aux malades incarcérés et aux médecins qui les soignent.

Tenant compte de ces éléments, il était évident que mon groupe se joigne aux autres signataires de la présente proposition de résolution qui, je l’espère, contribuera au renforcement de la lutte contre l’hépatite C.


redacteur spip:   0. Ahmed El Ktibi
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