Site de Ahmed El Ktibi
  • Député au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale
  • Vice Président de la commission des affaires intérieures chargée des pouvoirs locaux et des compétences d'agglomération
  • Député au Parlement francophone de Bruxelles (Cocof)
  • Echevin des Travaux Publics, de la Participation et de l'Egalité des chances à la Ville de Bruxelles
Accueil du site    Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale - session 2009-2014    Réponses des Ministres et secrétaires d’Etat    Evelyne Huytebroeck    L’autocollant antipublicitaire et la lutte contre le gaspillage du papier  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


JPG - 12.6 ko

 

L’autocollant antipublicitaire et la lutte contre le gaspillage du papier

- publie le 17 juin 2010

La question de M. El Ktibi me donne l’occasion de faire part des résultats obtenus par la politique menée en matière d’autocollants, visant à réduire les déchets de papier provenant des courriers toutes-boîtes, et de discuter de la possibilité d’inverser la logique actuelle, à savoir de remplacer la diffusion de l’autocollant "Stop Pub" par celle d’un autocollant "Oui à la pub". Dans ce cas, le dépôt de publicités ne serait plus autorisé que dans les boîtes portant cet autocollant.

Le Plan déchets, adopté récemment, prévoit bien l’inversion de la logique actuelle, mais uniquement si celle-ci ne permet pas d’engranger des résultats satisfaisants à l’horizon 2012. Dès lors, il importe d’évaluer correctement les résultats obtenus grâce à la diffusion de l’autocollant "Stop Pub". Depuis juin 2009, une promotion active de l’autocollant est à nouveau assurée par le biais :

- de la multiplication des points de diffusion grâce à des relais volontaires, soit 26 bibliothèques et centres culturels, 204 comités de quartiers, 3 associations de commerçants ;

- de collaborations récurrentes avec les syndics d’immeubles ;

- de promotion dans les événements et via les écoles impliquées dans un projet de prévention des déchets de papier.

Les données en ma possession indiquent que cette nouvelle campagne obtient des résultats très positifs, qui doivent encore être précisés par une évaluation complète, prévue à la fin de cette année.

Cette évaluation comportera notamment un comptage des boîtes aux lettres, un sondage auprès des Bruxellois et une enquête réalisée auprès des relais.

Je peux d’ores et déjà vous communiquer quelques informations permettant d’apprécier les résultats des actions menées. Bruxelles Environnement a fait réaliser l’autocollant "Stop Pub" en 1999. Depuis lors, 787.471 autocollants ont été diffusés auprès de la population bruxelloise. En 2004, La Poste a inventorié 62.296 boîtes aux lettres portant l’autocollant, soit 12,2 % des 510.166 boîtes aux lettres bruxelloises. En février 2010, on comptait 99.831 autocollants pour 547.276 boîtes aux lettres, soit 18,2%.

La présence d’un autocollant est bien prise en compte par les distributeurs de publicité, puisque seules 352 plaintes pour non-respect ont été déposées depuis 1999. Selon une étude réalisée par le bureau RDC, chaque Bruxellois reçoit en moyenne 8,58 kg/an de publicité gratuite. Les 99.831 autocollants représentent donc une économie de papier de 856,5 tonnes.

L’inversion de la logique actuelle, à savoir la diffusion d’un autocollant "Oui à la pub" et l’interdiction de déposer de la publicité dans toutes les boîtes ne portant pas cet autocollant, pourrait produire en théorie des économies supplémentaires. En effet, le baromètre de la réduction des déchets réalisé en Région bruxelloise nous apprend que 37% des Bruxellois sont intéressés par les publicités toutes-boîtes. Si seuls ces ménages apposent l’autocollant "Oui à la pub", on pourrait atteindre une économie de déchets de papier de 3.389 tonnes.

Néanmoins, l’inversion de la logique doit être évaluée avec beaucoup de prudence avant d’être mise en oeuvre. Les éléments suivants doivent notamment être pris en compte. Tout d’abord, les deux autres Régions belges et bien d’autres pays d’Europe ont adopté un autocollant similaire au nôtre.

Cette logique est dès lors largement reconnue. De plus, la pose d’un autocollant "Stop Pub" résulte d’un acte visant à la réduction des déchets et la protection de l’environnement, alors que la pose d’un autocollant "Oui à la pub" résulterait d’une tout autre dynamique, dont l’encouragement pourrait être néfaste à l’environnement. Ensuite, la question se pose de savoir qui se chargerait de la diffusion d’un autocollant "Oui à la pub" et avec quels messages à la clef. La multiplication dans l’espace public d’autocollants "Oui à la pub" délivrerait autant de messages favorables à la publicité, dont il est difficile de prévoir l’impact sur les attitudes et comportements de la population.

L’inversion de la logique impliquerait en outre une modification de l’ordonnance "papier" et une renégociation des conventions "papier", dont la contribution financière est reversée aux Régions.

Elle nécessiterait des campagnes d’information d’ampleur touchant tous les citoyens pour ne pas susciter d’incompréhension auprès des personnes qui se verraient supprimer l’accès à la publicité sans y avoir consenti.

Il est difficile également d’évaluer le coût d’une telle campagne. À titre d’exemple, la campagne de 2002 relative à l’autocollant antipublicitaire comportant un affichage dans les trams et les bus et des encarts dans la presse a coûté environ 13.000 euros.

Avant d’envisager l’inversion de la logique, il reste de nouvelles pistes à explorer pour accroître la diffusion de l’autocollant "Stop Pub", par exemple en demandant la collaboration des communes pour qu’elles proposent l’autocollant à chaque domiciliation. Il faut compter qu’il y a environ 130.000 déménagements par an en Région bruxelloise.

Dans le cadre des négociations sur la convention d’obligation de reprise des papiers, deux propositions ont été déposées et vont faire l’objet d’une discussion : la diffusion de l’autocollant via les grandes surfaces et le financement par la Fédération de la distribution, (FEDIS) de la promotion de l’autocollant.

Intervention de Mr Ahmed El Ktibi après réponse de la Ministre : D’un côté, on continue à faire la promotion de la campagne contre la publicité, et de l’autre on essaye d’intégrer cette nouvelle logique inversée. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup d’incertitudes quant à la olitique à suivre en la matière. Je ne sais si on arrivera à faire valoir cette nouvelle logique consistant à inverser la méthode, si on continue en même temps à pratiquer l’ancienne méthode.

Faut-il attendre de voir ce que cela donnera dans les prochaines années, ou faut-il innover ? Les modèles existants dans les pays voisins sont-ils les meilleurs ? Je fréquente beaucoup les Pays-Bas, où habitent mes parents. Ils sont submergés de publicités. C’est pire qu’ici. Il faut à un moment donné y mettre un frein, en prenant des décisions qui vont dans ce sens.

Réponse de la Ministre : Faut-il plutôt renforcer le "Stop Pub" en informant mieux les gens et en distribuant plus ces autocollants, par d’autres canaux ? Ou faut-il inverser la logique ?

Pour l’instant, le renversement de la logique ne nous apparaît pas convaincant. Il présente plusieurs risques qui ne nous permettent pas de trancher en sa faveur.

Vous parlez des pays voisins. Il y a surtout les deux autres Régions voisines. Choisir une logique totalement différente de celle de la Flandre et de la Wallonie risque d’amener une confusion qui n’est pas souhaitable. Je ne suis pas acquise au "Oui à la pub", pas pour l’instant en tout cas.


redacteur spip:   0. Ahmed El Ktibi
--> Répondre à cet article
 
liste des sujets - 0 sujet(s) et 0 contribution(s) au total dans ce forum.