Site de Ahmed El Ktibi
  • Député au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale
  • Vice Président de la commission des affaires intérieures chargée des pouvoirs locaux et des compétences d'agglomération
  • Député au Parlement francophone de Bruxelles (Cocof)
  • Echevin des Travaux Publics, de la Participation et de l'Egalité des chances à la Ville de Bruxelles
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


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L’avenir du centre de dépistage gratuit et anonyme du VIH/SIDA

- publie le 5 décembre 2005

En Belgique, au 31 décembre 2004, 3341 personnes ont été diagnostiquées malades du SIDA et entre 13508 et 14606 sont séropositifs, selon le rapport semestriel n°60 de l’Institut Scientifique de Santé publique. Nous constatons une diminution de 6.1% en comparaison avec l’année 2003.

Dans la lutte contre le SIDA, nous n’insisterons jamais assez sur les termes de Prévention et d’information de toute la population pour éviter sa transmission.

Mais, il est également d’une importance capitale que la séropositivité puisse être déterminée rapidement afin que toute personne se responsabilise dans ses relations sexuelles. Trop peu de personnes connaissent leur séropositivité. Comme vous le savez, le dépistage peut être fait dans de nombreuses associations, des plannings familiaux, des maisons médicales, des centres de référence ...gratuitement (si mutuelle) sinon pour la somme de 24 € (si pas de mutuelle) mais pas anonymement.

Or, l’OMS déclarait le 22 décembre 1989 au Conseil des Ministres de l’Union Européenne en ce qui concerne le dépistage du SIDA : “Les tests doivent être faits sur base volontaire et confidentielle dans le respect de l’anonymat et si possible gratuitement.”

L’augmentation constante de la pauvreté à Bruxelles et en Belgique, des émigrants sans papiers, des demandeurs d’asile ... place ces personnes en situation de danger face à la maladie et au VIH/SIDA en particulier. De même, les études comparatives du Centre Elisa démontre que les personnes qui souhaitent des dépistages anonymes sont très souvent jeunes et célibataires, mais regroupe aussi un grand nombre de personnes vulnérables, plus démunies et ayant moins d’éducation.

Le Centre Elisa offre, depuis 15 ans, des tests de dépistage VIH/SIDA gratuits et anonymes à Bruxelles. En 2003, 1883 tests SIDA ont été effectués et en 2004, le nombre de tests a encore augmenté de 8.5 % dont 38 personnes ont été diagnostiquées séropositives. En ce qui concerne le taux de fréquentation du Centre Elisa, 78% représente des personnes vivant à Bruxelles, les 22 % restant vivent dans toute la Belgique.

Le Centre Elisa insiste pour des tests de dépistage de qualité, c’est-à-dire de tests basés sur le volontariat, le consentement du consultant, avec le respect de la confidentialité et accompagné d’une consultation avant et après le test. (selon le rapport d’activité 2004 du Centre Elisa).

Depuis 15 ans et malgré le succès du centre Elisa, MSF a du mal à faire accepter la pertinence de son projet. Aucun autre centre n’a été ouvert depuis par les pouvoirs publics. Le centre Elisa ne reçoit aucun financement et fonctionne avec ses fonds propres, grâce au bénévolat des médecins et au partenariat avec l’hôpital Erasme qui effectue les tests gratuitement. Fin décembre 2005, MSF a l’intention de fermer le centre Elisa. Où vont s’adresser les personnes pour faire les dépistages anonymes et gratuits ? Où vont s’adresser les personnes vulnérables, sans papiers, sans mutuelle (=15% au Centre Elisa) pour effectuer ces tests ?

En Belgique, il n’existe qu’un seul centre de dépistage identique situé à Namur et celui-ci est financé par la province et la Communauté française.

La pertinence des activités du Centre Elisa n’est plus à prouver et les autorités compétentes devraient reprendre les dépistages anonymes et gratuits avant sa fermeture. Il serait aussi utile et nécessaire de créer et de développer d’autres centres de dépistage anonyme et gratuit, au moins un par province.

De plus, suite au rapport 2005 de l’ONUSIDA et de l’OMS, 529 nouveaux cas de sida ont été enregistrés en Belgique. La pertinence des centres de dépistage semble être encore plus d’actualité.

Il serait pertinent de s’inspirer de la France où le gouvernement a créé en 1989, l’Agence française de Lutte contre le Sida en partenariat avec l’association AIDES. Les pouvoirs publics ont alors pris conscience de l’enjeu et ont établi un cahier de charges pour les futurs centres anonymes. Depuis, 350 centres de dépistage sont financés par les pouvoirs publics ; depuis 2001, les centres d’écoute sont même accessibles en d’autres langues (anglais, arabe, russe, espagnol et bambara) vu la l’augmentation de la population migrante de plus en plus touchée par le virus du VIH/SIDA.

Il semblerait que le Ministre de la Santé Demotte va libérer 485.000 € en 2006 pour le dépistage anonyme et gratuit pour les deux centres de Bruxelles et Namur.

- En ce qui concerne la Région de Bruxelles-Capitale, quel montant a été attribué ?

- La fin de l’année est très proche, la passation des activités du Centre Elisa a-t-elle été concrètement préparée ?

- Pourriez-vous nous informer quel sera l’organisme (l’institution) qui prendra le relais à Bruxelles dès janvier 2006 ?

- Avez-vous eu des contacts avec le Ministre Wallon et/ou fédéral de la santé en ce qui concerne la création de nouveaux centres et de leur financement ?


redacteur spip:   0. Ahmed El Ktibi
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