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Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale - session 2009-2014
Réponses des Ministres et secrétaires d’Etat
Evelyne Huytebroeck
L’étude Essenscia-Bruxelles et de Federplast au sujet de la performance énergétique des matériaux d’isolation
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L’étude Essenscia-Bruxelles et de Federplast au sujet de la performance énergétique des matériaux d’isolation- publie le 7 octobre 2011J’ai effectivement rejeté la demande de ce lobby de modifier en leur faveur le régime des primes à l’énergie. L’étude réalisée par Essenscia et Federplast compare des pommes avec des poires et conduit dès lors à des conclusions erronées. De nombreuses études plus scientifiques et indépendantes concluent sans équivoque, et ce n’est pas une surprise, que les matériaux issus de l’industrie chimique ont un bilan énergétique et environnemental nettement plus défavorable que celui des matériaux d’origine naturelle. Permettez-moi de développer ces deux raisons. Le communiqué de presse d’Essenscia-Bruxelles et de Federplast annonce que "une famille bruxelloise verrait sa facture annuelle diminuer de 248 euros si le gouvernement supprimait le bonus pour les matériaux isolants naturels". L’analyse du raisonnement qui conduit à cette économie montre en réalité une confusion flagrante. L’économie annoncée est en réalité obtenue en plaçant 16 cm d’isolant chimique sur un mur au lieu de 8 cm du même isolant. Effectivement, plus l’épaisseur est importante, plus l’économie est grande. Ce raisonnement est également valable pour un isolant naturel : Un isolant naturel d’une épaisseur de 16 cm permettra la même économie de 24 euros qu’un isolant naturel d’une épaisseur de 8 cm. Là où le raisonnement est incorrect, c’est lorsque le lobby compare 16 cm d’isolant chimique avec 8 cm d’isolant naturel pour arriver à cette économie de 248 euros. Les règles d’octroi des primes énergie sont pourtant claires : quel que soit le matériau utilisé, il faut atteindre le même niveau d’isolation, qui correspond à ces 8 cm annoncés ou, dans le jargon technique, un coefficient de résistance thermique d’au moins 2 Watt par m² degré Kelvin. Et donc la prime énergie incite à isoler suffisamment pour conduire à la même économie sur la facture énergétique des Bruxellois, quel que soit le matériau utilisé, chimique ou naturel. Il s’agit bien d’une obligation de résultat et non d’une obligation de moyens. Atteindre cette différence de 248 euros revient en fait à imposer aux Bruxellois de placer 16 cm d’isolant sur les murs au lieu des 8 cm, ce qui engendrerait d’autres effets pervers. Vous conviendrez que je ne peux répondre positivement à cette revendication, qui ferait l’affaire des producteurs de matériaux isolants, mais pas celle des Bruxellois qui verraient le coût de leur chantier fortement augmenter. La question centrale qui nous préoccupe est celle de savoir pourquoi octroyer un bonus pour une isolation réalisée avec un matériau naturel si l’économie sur la facture énergétique est identique à celle générée par une isolation avec un matériau chimique ? C’est parce que l’économie d’énergie ne se situe pas uniquement au niveau du portefeuille du ménage bruxellois. Elle se situe aussi au niveau de la production du matériau isolant, tel que l’ont démontré les analyses de cycle de vie scientifiques et indépendantes. Cet impact est loin d’être négligeable. Il arrive même que l’énergie nécessaire à la fabrication des matériaux d’un bâtiment soit tout aussi importante que l’énergie nécessaire pour chauffer ce bâtiment, devenu très performant, pendant des dizaines d’années. Par ailleurs, il y a lieu d’aller au-delà de la seule question énergétique. Les analyses de cycle de vie calculent également l’impact des matériaux sur l’environnement et sur la santé des occupants, comme le risque d’émission d’allergènes, voire de produits toxiques. Ces analyses intègrent même la sécurité, la santé et le contexte social des travailleurs. En additionnant ces différents impacts, chaque matériau obtient un écobilan calculé à partir de bases de données. La base de données la plus utilisée et internationalement reconnue est la base de données suisse Ecoinvent. La récente analyse de cycle de vie K-BOB, qui utilise cette base de données, mentionne les valeurs suivantes pour les deux matériaux - EPS, pour polystryrène expansé, et fibre de cellulose - repris dans la comparaison de Federplast/Essenscia :
Le sujet de la durabilité des matériaux n’est pas clos pour autant, car il y aura toujours des études démontrant l’innocuité des matériaux de l’entreprise qui a commandé cette étude. Il suffit de ne pas considérer l’ensemble des indicateurs ou l’ensemble du processus pour arriver à d’autres conclusions. Je maintiendrai donc le régime de primes énergie tel qu’il est conçu sur base de références et d’études scientifiquement reconnues au niveau international. Car la durabilité concerne la facture des ménages bruxellois, mais également l’impact sur notre environnement immédiat et lointain. M. El Ktibi, sur la question de la différence de coût entre le bois et le PVC, je signale que, si vous utilisez du bois reconnu, vous pouvez bénéficier de la prime énergie, de la prime à la rénovation et de la réduction fédérale, qui font que vous arrivez à un prix moindre pour le bois que pour le PVC. Pour ce qui est de l’entretien, il convient de le faire tous les cinq à dix ans. Je signale qu’on peut aussi choisir des peintures naturelles et que du bois entretenu tiendra plus longtemps que du PVC. J’espère que je vous aurai convaincu sur la pertinence du maintien de primes plus avantageuses pour le bois
redacteur spip:
0. Ahmed El Ktibi
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