Site de Ahmed El Ktibi
  • Député au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale
  • Vice Président de la commission des affaires intérieures chargée des pouvoirs locaux et des compétences d'agglomération
  • Député au Parlement francophone de Bruxelles (Cocof)
  • Echevin des Travaux Publics, de la Participation et de l'Egalité des chances à la Ville de Bruxelles
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La Démocratie locale pour revitaliser la démocratie

- publie le 26 janvier 2011

Les tempêtes financières actuelles suscitent chez la plupart des citoyens des réactions d’impuissance. Dans l’économie globalisée les solutions sont forcément supranationales. L’éloignement des lieux de décision et l’impression que le pouvoir réel est à l’abri de toute critique nourrissent à leur tour la défiance diffuse envers la politique. La tentation du repli sur soi se traduit par un abandon des espaces de débat public. Souvent, le citoyen se considère tout au plus comme un consommateur de droits au lieu d’exercer son rôle de vigie démocratique. Le souci du bien commun cède le pas à l’intérêt privé. Le risque est alors réel de voir les discriminations et les inégalités augmenter. Car l’indifférence politique n’a jamais engendré des vertus publiques. Il est possible d’agir pour renverser cette tendance.

Il existe d’ailleurs des instruments pour favoriser la concertation avec les habitants. Le socle de cette citoyenneté en éveil c’est le pouvoir local. Car lorsque les liens sociaux se délitent, la proximité physique des lieux de décisions permet encore un dialogue utile entre électeurs et mandataires. Les villes et le cadre urbain en général intègrent à leur échelle la globalisation du monde. Elles en sont la chambre d’écho. Mobilité et diversité des populations caractérisent les métropoles qui sont également au carrefour des flux économiques et des nœuds de communication à la fois matérielle et virtuelle. Il ne s’agit dès lors pas d’opposer l’autorité locale à d’autres échelons de pouvoir mais bien d’envisager la démocratie locale comme le creuset d’une citoyenneté universelle. Le retour à la Cité redonne la possibilité de s’ouvrir sans peur au monde. D’aucuns parlent même de « glocal ». La cohésion sociale se construit aussi dans cette conscience d’un cadre de vie commun, par-delà les différences d’origine ou de revenus.

La démocratie participative complète en ce sens la démocratie élective. Les forums de débats citoyens ou encore les conseils consultatifs de groupes de population particuliers (seniors, handicapés, immigrés par exemple) irriguent la gestion des villes de thématiques plurielles. Les outils participatifs déployés par le pouvoir local apportent également de la transparence et du dynamisme au processus décisionnel. Ils permettent aux citoyens une meilleure accessibilité de leurs responsables politiques. Bien sûr, il y a un risque de cloisonnement des populations et des intérêts. Il y a également le danger que la participation soit confisquée par les catégories sociales privilégiées en termes de formation, de revenus, de logement. Pour éviter cela, les mécanismes de concertation doivent s’étendre à toutes les fonctionnalités de la Ville, à tous ses territoires et donc à tous ses habitants. La démocratie locale implique l’autonomie des moyens des comités de quartier ou d’habitants. Elle fait appel à une capacité d’analyse et de jugement de chaque citoyen que la technicité de certains dossiers rebutent parfois. Elle passe enfin par la mise en œuvre de politiques d’égalité des chances correctrices des discriminations de fait. Ce sont autant de défis qui font de la démocratie locale un enjeu concret, à la rencontre de la volonté politique et de la conscience citoyenne.

Ahmed El Ktibi


redacteur spip:   0. Ahmed El Ktibi
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