Site de Ahmed El Ktibi
  • Député au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale
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La démocratie participative

extrait d’une citation d’un essai de Marc Lazar sur le système politqiue italien, concernant la démocratie participative

- publie le 2 février 2009

Au détour d’un essai sur le système politique italien qui évolue entre modernisation et permanences historiques, je lis cette réflexion stimulante sur la démocratie participative : « Cette volonté de participation se repère à tous les niveaux de la vie publique, dans le grand activisme associatif et politique dont font preuve les jeunes Italiens qui, par ailleurs, se disent défiants envers les institutions et les dirigeants politiques. Elle est cependant ambivalente. D’un côté, elle prend des allures sophistiquées alors qu’elle ne fait parfois que révéler la force du syndrome Nimby (Not in my back yard), c’est-à-dire la défense acharnée de ses intérêts au nom de nobles idéaux et de valeurs universalistes. Par ailleurs, elle atteste l’invention d’une citoyenneté plus active, plus désireuse de peser en permanence sur les décisions. En ce sens, elle témoigne de l’apparition progressive de ce qui relève de la démocratie participative. Certes, cette notion est floue et hasardeuse comme l’épinglent avec de solides arguments aussi bien Raymond Boudon que Guy Hermet. Et les arguments pour s’y opposer sont très nombreux. Ils peuvent être d’ordre théorique : il n’y a de possible et de légitime que la démocratie libérale et représentative, tout le reste est chimère, la société civile ne saurait être considérée comme la source idéale et parfaite de l’universalité démocratique puisqu’elle est aussi porteuse d’intérêts particuliers et de multiples travers. Ou bien empiriques : ne se mobilisent que des fractions précises de la population (dotées d’un haut niveau d’instruction, habitant les grandes villes, appartenant le plus souvent au secteur public, disposant donc de temps et assurées de ne pas risquer leur emploi), constituées en minorités bien organisées qui, comme dans toute forme de démocratie directe, disent parler au nom de tous mais, dans la pratique, manipulent pour s’emparer du pouvoir. Toutefois, la notion de démocratie participative a le mérite d’indiquer un processus en cours dans nos sociétés, notamment en Italie, où la démocratie n’est pas seulement contestée par son envers, la « contre-démocratie », mais où elle est soumise à des pratiques diversifiées se déployant à de multiples niveaux de contrôle, d’invention et d’association des citoyens à la discussion des choix collectifs. La démocratie participative signifie, en effet, l’instauration d’un rapport dynamique entre ceux qui se mobilisent pour participer à la vie publique et les institutions et les partis qui s’efforcent d’organiser cette participation, de filtrer les revendications voire d’attirer vers eux les participants les plus en vue. En ce sens, la démocratie participative n’a nulle prétention à se substituer à la démocratie représentative ; à l’inverse, elle la complète et l’enrichit, cependant qu’elle constitue une réponse, certes faible, à l’ascension résistible de la démocratie d’opinion. Au risque d’effets pervers. La démocratie participative s’accompagne d’une forme d’élitisme : alors que ses promoteurs ne cessent d’en appeler à l’égalité, ils n’ont de considération que pour ceux qui s’engagent… » Marc Lazar, L’Italie sur le fil du rasoir, Perrin 2009, pp 147-149


redacteur spip:   0. Ahmed El Ktibi
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