Site de Ahmed El Ktibi
  • Député au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale
  • Vice Président de la commission des affaires intérieures chargée des pouvoirs locaux et des compétences d'agglomération
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La politique de prévention et d’information en matière de vie affective et sexuelle auprès des adolescents

- publie le 4 juin 2007

Le GACEHPA (Groupe d’Action des Centres Extra Hospitaliers Pratiquant l’Avortement) et le CERESP (Centre d’Etudes et de Recherches en Santé Publique) de l’ULB ont mené une étude sur le « parcours contraceptif des adolescentes confrontées à une grossesse non prévue : éléments pour une meilleure prévention ? » L’analyse des résultats a mis en évidence le manque flagrant d’information et de communication chez les adolescentes en ce qui concerne le domaine de la sexualité et les effets qui s’y rapportent.

Tout d’abord, il résulte de cette étude qu’il a lieu d’instaurer plus d’espaces de dialogue avec les jeunes et développer plus d’instruments permettant l’amélioration de l’information en ce qui concerne la vie affective et relationnelle.

Comme vous pouvez l’imaginer, beaucoup de facteurs psychosociaux sont à prendre en compte : l’estime de soi, la communication et le respect mutuel ; les relations entre partenaires ; la difficulté de discernement sur les sentiments de l’autre ; la sensation de s’être laissé influencé par le partenaire et la prise de risques pour lui prouver son engagement ; la pression des jeunes entre eux ; l’environnement psycho social ; l’influence des médias, ...

D’après bon nombre d’études, l’âge moyen des premiers rapports se situe vers 17 ans, il ressort cependant de l’étude en question, que le nombre de relations sexuelles précoces (avant 14 ans) est en nette augmentation (5 à 12%). De même, le nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) chez les adolescentes de moins de 19 ans et de diagnostics d’infections au VIH parmi les jeunes femmes de 15 à 24 ans est en hausse également.

La sexualité chez les adolescents présente des particularités : relations non planifiées et plusieurs partenaires sur un laps de temps court. Or, il s’avère d’après l’enquête, que les adolescents ne recourent pas suffisamment à une contraception efficace et ne perçoivent pas suffisamment les risques de tomber enceintes ou d’attraper une MST ou le VIH.

Vous convenez avec moi qu’il est important que l’éducation affective et sexuelle ainsi que la prévention se réalise au sein de l’environnement proche (famille), mais certains facteurs liés notamment au milieu culturel, religieux ou socioéconomique (précarité sociale, ...) ne permettent pas toujours aux parents ou plus largement à la famille d’ouvrir ce dialogue avec les enfants.

De plus, bon nombre d’adolescents souffrent d’insuffisance de connaissance des méthodes contraceptives existantes et de leur bonne utilisation.

Il existe pourtant, en communauté française plusieurs programmes de prévention tels des animations d’éducation à la vie affective et sexuelle dans les écoles, organisées par les centres de plannings familiaux, des centres Psycho-Médico-Sociaux (PMS) ou des Services de Promotions de la Santé à l’Ecole (PSE). Ces animations sont également organisées, dans certains cas, par des centres de jeunes.

Il existe également plusieurs campagnes de sensibilisation : exemple réussi du bus d’information en octobre et novembre 2005, sillonnant les villes afin de donner des informations sur les méthodes contraceptives aux jeunes femmes ; conférences-débats organisés par les centres de plannings familiaux ou des organismes mutualistes ; sites Internet destinés aux jeunes sur des thèmes de la santé et de la sexualité ; campagnes médiatiques...

Cependant, il demeure toujours des espaces non suffisamment couverts par ces outils d’information. L’étude souligne l’importance d’une information ciblée qui s’adresserait aux jeunes femmes issues d’autres communautés en tenant compte de leur culture y compris leur langue, leur appartenance philosophique et religieuse. Cette démarche serait hautement bénéfique pour une région comme la nôtre dont la composition sociologique nous invite à prendre des mesures diversifiées.

Les mesures préventives doivent prendre en compte l’initiation à l’éducation affective et sexuelle ainsi que la prévention à l’école, beaucoup plus tôt et de manière régulière, et pourquoi pas dès l’école primaire. Par ailleurs, il y a nécessité de réguler les inégalités existantes entre les différents types d’enseignements en matière de prévention, en développant les animations dans l’enseignement technique, professionnel et artistique de manière aussi systématique que dans l’enseignement général. Il semblerait enfin, toujours d’après cette étude, que l’accès aux différents services de santé soit insuffisant parmi les jeunes issus de milieux socioéconomiques défavorisés.

Il est primordial de ne pas banaliser le SIDA et de manière plus générale les MST. Les programmes de prévention doivent à chaque fois souligner l’importance de l’utilisation du préservatif en terme de prévention mais également dans le but d’éviter de nombreuses grossesses non prévues. En effet, en Belgique chaque année quelque 1500 IVG sont pratiquées chez les adolescentes de moins de 19 ans. Chaque année aussi, le nombre d’infections au VIH augmente.

Déjà, lors de mon interpellation au Ministre Cerexhe en séance plénière du 25 mars 2005 je ne cachais pas mon inquiétude face aux résultats de l’enquête menée à l’époque, chez des jeunes de 13 à 21 ans, par la Fédération des centres de planning familial des Femmes prévoyantes socialistes. Cette enquête démontrait que seuls 36% des jeunes utilisent le préservatif. Autre aspect significatif, 22% des jeunes de l’enseignement général sont sexuellement actifs, proportion qui grimpe à 60% dans l’enseignement professionnel et technique.

Enfin, en matière de contraception, bien que depuis mai 2001, les pilules du lendemain et depuis 2004 les pilules contraceptives soient gratuites pour les jeunes femmes de moins de 21 ans, d’autres moyens contraceptifs sont encore trop chers et pas assez accessibles à ce public.

Voici mes questions :

1. Dans le cadre des programmes prévention organisés dans les écoles, comment espérez- vous renforcer la prévention liée à la vie affective et sexuelle afin de s’assurer que tous les adolescents, de tout type d’école, puissent y avoir accès ?

2. Par rapport aux réticences de certains directeurs d’écoles à l’égard de ces programmes de sensibilisation, quels sont les moyens dont vous pourriez disposer pour inciter ces directions y inviter les Centres de plannings familiaux ?

3. Existe-il un accord avec la Communauté Française sur cette matière ? sachant que selon l’enquête, une frange importante des jeunes ne connaissent pas l’ensemble des services offerts par les plannings, d’autres n’en connaissent même pas l’existence.

4. Alors que les Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et l’infection au VIH augmentent, quels sont les moyens mis en œuvre pour faire passer le message de prévention 2P « préservatif + pilule » et comment les renforcer ?


redacteur spip:   0. Ahmed El Ktibi
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