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La sécurité dans les hôpitauxpar Ahmed El Ktibi - publie le 18 septembre 2005Interpellation de Monsieur Ahmed EL KTIBI à Monsieur VANHENGEL et à Monsieur Benoît CEREXHE, membres du Collège réuni compétent pour la politique de la Santé. La société change et l’impact des violences de notre société actuelle se reproduit aussi dans le milieu hospitalier. Il existe un système d’enregistrement des incidents à l’hôpital aux Pays-Bas, enregistrées selon le « Ziekenhuis Incident registratiesysteem ». Durant les 14 derniers mois, 400 cas d’agressions sur le personnel des services d’urgence ont été signalées. 20% d’entres elles étaient physiques, 80% verbales. En Belgique, de telles statistiques n’existent pas mais, selon le prof. Marc Sabbe (chef de service des Urgences à KU Leuven) de l’association professionnelle « Belgian College of Emergency Physicians » (en abrégé : " BECEP ", union professionnelle reconnue des urgentistes) le problème est au moins aussi important. Mais, il existe différentes sortes de violences, les violences physiques, les violences morales ou psychologiques et les violences verbales et nous devons toutes les prendre en considération. A l’hôpital Brugmann, par exemple, à l’image de ce qui se passe dans les rues, l’hôpital est confronté quotidiennement à deux fléaux majeurs : l’agressivité verbale, et parfois même physique, d’une partie de sa patientèle (ou de leurs accompagnants), et l’augmentation du nombre de vols visant principalement l’argent, le matériel informatique et les téléphones mobiles. Gardons-nous de fantasmer et de tomber dans la psychose générale à chaque fois qu’un événement particulier est étalé dans la presse. A ce propos, je voudrais m’insurger particulièrement contre la proposition du Conseil national de l’Ordre des Médecins en ce qui concerne l’établissement d’une liste de patients « dangereux ». Gardons-nous de stigmatiser encore plus les malades psychiatrisés et de les reléguer à l’enfermement qu’ils ont connu pendant des siècles. Les malades, d’une part peuvent être victimes de ces violences qui se répercutent au niveau des soins, du manque d’attention. Une Charte des malades a été élaborée par IRIS, par exemple, afin de protéger au maximum le patient et ses droits à l’hôpital. L’exigence accrue des contraintes de travail à l’hôpital qui génère un coût humain indirect sur le plan individuel et collectif, faisant évoluer la sphère de l’exercice des activités professionnelles et les conditions dans lesquelles ces activités s’exercent, génère une impossibilité concrète d’effectuer un travail de qualité et a donc des conséquences sur la qualité des soins et augmente le niveau de stress. Les hôpitaux tentent de faire admettre qu’ils ne sont pas des lieux publics, mais bien des institutions privées appartenant et gérées par les pouvoirs publics. Au sein de l’institution hospitalière, afin de réduire au maximum ces violences, il faudrait instaurer des groupes de réflexion, de médiation pour travailler le stress, mieux répartir les rôles dans des équipes soudées et instaurer une meilleure organisation de travail plus souple. D’autre part, le personnel soignant est aussi victime de la violence de la part des malades, de l’institution hospitalière mais aussi de personnes étrangères à l’hôpital. Après les événements dramatiques survenus dans un hôpital psychiatrique à Pau, dans le sud-ouest de la France, en décembre 2004, où une infirmière et une aide soignante ont été sauvagement assassinées ; c’est une doctoresse qui a été agressée dans l’hôpital de Grammont quelques jours plus tard. Comment gérer la sûreté des patients et du personnel soignant dans des hôpitaux qui peuvent compter, comme l’hôpital Erasme, 858 lits et quelque 3500 employés, auxquels il faut ajouter les consultations quotidiennes en polyclinique et les visites aux malades (en moyenne 21000 personnes par jour circulent dans l’hôpital) ? Alors que sa vocation est de prodiguer des soins aux patients, l’hôpital doit réaffecter chaque année un peu plus de moyens financiers, initialement destinés aux équipements médicaux, pour investir dans des systèmes de protection tels que alarmes anti-intrusion, vidéosurveillance, contrôle d’accès, etc. Le personnel, et principalement celui du service des urgences, devient de plus en plus la cible de toutes formes d’agressivité engendrant un réel climat d’insécurité qui nécessite une présence de plus en plus accrue d’agents de gardiennage. Cette situation est d’autant pénible que les dépenses liées aux mesures évoquées ci-dessus ne sont toujours pas prises en charge dans le financement de la journée d’hospitalisation. L’hôpital Erasme avait mis au point, il y a 6 ans, une approche pour parer à la violence en privilégiant le dialogue par l’intermédiaire de médiateurs axés sur la gestion de la violence. Les responsables avaient préféré cette méthode à un service de sécurité et cela a semblé porter ses fruits. Par contre, le CHU Saint-Pierre ou encore l’UCL Saint-Luc à Woluwé, outre les moyens de médiation existants, ont optés pour un service de sécurité interne, des vigiles en uniforme font des rondes dans et hors de l’hôpital. Mais, en règle générale et depuis le 1er novembre 2003, chaque hôpital est tenu d’offrir aux patients une fonction de médiation. Il nous semble important d’entreprendre une démarche « gestion de risques » au sein des hôpitaux et d’instaurer la mise en place de formation spécifique afin d’anticiper les situations de violence qui permettraient de mieux gérer des situations difficiles. Même si la loi relative aux droits du patient le prévoit expressément, il faut souligner l’importance d’instaurer une vigilance en ce qui concerne le phénomène d’exclusion dû à des différences culturelles, sociales ou religieuses, à des déficits de communication. A ce sujet, une Conférence Interministérielle à la Politique de l’Immigration du 12 mars 1996 avait introduit un projet-pilote de médiation interculturelle dans les hôpitaux et qui devait établir une évaluation en 1999. Et depuis, la Médiation interculturelle, au niveau fédéral, prévoit dans son AR relatif au financement des hôpitaux du 25 avril 2002 (art 80 § 2 -3), des coordinateurs, médiateurs et des traducteurs interprètes en matière de médiation interculturelle. L’Arrêté Royal du 08 juillet 2003, 15 juin 2004, fixe également les conditions auxquelles la fonction de médiation dans les hôpitaux doit répondre. Dans les formations subventionnées par la CCC, quelles sont celles qui permettraient à ces coordinateurs, médiateurs de se former dans le cadre de la gestion de la violence ? Nous avons abordé principalement le sujet de la gestion de la violence dans les hôpitaux mais ce phénomène se manifeste-t-il également dans les services de santé du secteur ambulatoire bruxellois ? En règle générale, et dans les limites de vos compétences, afin d’assurer au maximum la sécurité des malades et du personnel soignant, je souhaiterais savoir si un projet préventif de gestion de la violence peut être envisagé à notre niveau institutionnel ? Enfin, eu égard à l’exposé que je viens de faire sur la situation des hôpitaux publics, n’est-il pas opportun de prévoir des moyens spécifiques pour la gestion de la sécurité dans et autour de ces hôpitaux ?
redacteur spip:
0. Ahmed El Ktibi
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> La sécurité dans les hôpitaux [1/1] 4 février 2006, par gelo |
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