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La situation intenable de Maître EL KAROUNI- publie le 3 février 2009La réaction du député MR Mustapha El Karouni à la résolution PS-CDH-Ecolo votée au Parlement bruxellois le vendredi 16 janvier est des plus alambiquées. D’emblée, il propose une singulière méthode de travail : quand il y a urgence il faut prendre de la hauteur. Demander d’agir signifierait vouloir jeter de l’huile sur le feu. A le suivre, la passivité serait donc une vertu en politique. () Monsieur El Karouni refuse d’utiliser le drame palestinien à des fins électoralistes. C’est très bien et très juste. Moi-même j’ai eu l’occasion d’exprimer mon refus des récupérations communautaristes lorsque les députés d’origine maghrébine ou musulmane ont été mis en demeure par d’aucuns de se prononcer sur le sujet. Comme si leur responsabilité de mandataire politique bruxellois était plus engagée que celle de leurs collègues parlementaires, dans un conflit qui bouleverse l’opinion publique internationale. Hélas, je constate que dans certains partis, ne pas parler de ce conflit est précisément la meilleure façon de ne pas injurier l’avenir électoral. Dans sa tribune, le député MR, fait ce qu’il soupçonne chez d’autres : une lecture politicienne du drame palestinien. Monsieur El Karouni déplore ensuite un parti pris dans notre résolution, pourtant pesée au trébuchet. Et, à l’encontre de la croyance commune, ce parti pris ne serait, selon El Karouni, pas pro palestinien. Pro israélien alors ? Non plus. Nous sommes tout simplement pour la paix en demandant d’agir vite afin que cesse le carnage dans la bande de Gaza. Le raisonnement se fait plus tortueux encore lorsque Monsieur El Karouni oppose notre dénonciation d’une riposte israélienne disproportionnée (un rapport de une victime israélienne pour 100 victimes palestiniennes) au principe d’équidistance défendu par la diplomatie belge. La disproportion dans l’usage des armes est pourtant au cœur de la tragédie vécue par le peuple palestinien à Gaza. L’équidistance, c’est-à-dire la conviction que se tenir à égale distance des deux camps est la meilleure façon d’avancer sur le chemin de la paix, a pour sa part prouvé son impuissance pratique à peser sur les parties en conflit. Elle est une prime au fort contre le faible. Et, en l’occurrence, le fort n’a pas raison aux termes du droit international invoqué par Monsieur El Karouni. Il existe des résolutions, votées par l’ONU, dont les recommandations ne sont pas appliquées par Israël. En même temps, à l’instar de son mentor Louis Michel, Monsieur El Karouni regrette la logique de « deux poids deux mesures » selon laquelle le droit de tirer des roquettes serait dénié aux Palestiniens et qui autoriserait l’armée israélienne à mener une offensive militaire. Monsieur El Karouni voudrait-il alors signifier que lui et son parti, le MR, reconnaissent au Hamas le droit du faible à tirer des roquettes sur le territoire israélien ? Ce serait évidemment une nouveauté qui mériterait d’obtenir la plus grande publicité. Monsieur El Karouni ne veut pas entrer dans les « discours à géométrie variable ». De fait, il semble confondre la géométrie de l’espace (l’impossible équidistance) et le sens de la mesure (disproportion des forces et des victimes). Ceux qui seraient déroutés par cet argumentaire confus ont heureusement la boussole du droit qui prévoit la création d’un Etat palestinien à partir de l’Autorité palestinienne sur le territoire de Gaza, la Cisjordanie et la partie de Jérusalem qui leur revient de droit. Monsieur El Karouni aurait pu, comme nous l’avions fait, mon camarade Mohamed Daïf (voir compte rendu séance plénière sur site parlbru.irisnet.be page 60), mon collègue écolo Josy Dubié (page 62), et moi-même (page 56) et bien d’autres, exprimer librement sa position devant l’assemblée plénière du 16 janvier. Ainsi au moins, aurions-nous compris le sens de son abstention, séance tenante. C’est sans doute sa frustration qui se manifeste maintenant, sous le mode de l’absurde, dans des newsletters consacrées aux allochtones. En attendant que le « droit international atteigne sa pleine maturité » et pendant que Monsieur El Karouni ratiocine la tête dans les étoiles sur le sens du conflit, nous essayons, avec nos moyens modestes, d’infléchir la fatalité qui fait de la force vertu pour le plus grand malheur des Palestiniens de Gaza et de l’ensemble des territoires occupés. Le travail que nous menons actuellement sur les contrats d’armement entre la Belgique et Israël y participe. Suspendre les exportations d’armement vers Israël est en effet un devoir moral. Monsieur EL KAROUNI est-il prêt à se joindre à nous, dans la foulée de la question que j’ai posée le même jour sur l’exportation d’armes vers Israël (page 18) afin d’œuvrer ensemble pour y mettre fin, tant que ce pays ne respecte pas le droit international, en ce compris le droit des Palestiniens à disposer de leur terre actuellement occupée. Ahmed El Ktibi Bruxelles, le 29 janvier 2009
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0. Ahmed El Ktibi
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