Site de Ahmed El Ktibi
  • Député au Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale
  • Vice Président de la commission des affaires intérieures chargée des pouvoirs locaux et des compétences d'agglomération
  • Député au Parlement francophone de Bruxelles (Cocof)
  • Echevin des Travaux Publics, de la Participation et de l'Egalité des chances à la Ville de Bruxelles
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


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Les projets de cohésion sociale

par Ahmed El Ktibi - publie le 18 septembre 2005

Intervention de Monsieur El Ktibi suite à l’interpellation de Madame Françoise SCHEPMANS.

Je souhaiterais intervenir sur ce sujet étant donné qu’il s’agit là d’une matière qui, nous socialistes, nous tient particulièrement à cœur.

Depuis une dizaine d’années, notre région a vu évoluer ses politiques d’intégration et de cohabitation qui visent au développement harmonieux des différentes communautés dans les quartiers bruxellois, par le soutien du travail social de terrain et la construction de dynamiques communautaires et participatives.

Un état des lieux avait déjà été mené par la SLRB en décembre 2002, lorsque celle-ci intervient comme partenaire régional. Fin 2003, les projets de cohésion sociale (PCS) ont remis à la SLRB une 1e auto évaluation. L’établissement d’ un rapport externe avait été confié et réalisé par la société SCET (Société Centrale pour l’Equipement du Territoire). Ce rapport portait plus précisément sur la validation des critères d’évaluation. Ainsi des critères comme la valeur ajoutée du projet pour le quartier mais aussi pour les individus, l’efficacité et l’efficience de la communication, la solidité et la concurrence partenariale, le cahier des charges et son respect, la participation et la représentation des habitants ont été évalués. De même, en ce qui concerne les perspectives du projet, leur qualité, leur conception, leur développement et leur diffusion ont été analysés.

En conclusion à ce rapport, sur l’ensemble des 16 PCS évalués, la SCET estimait que 62 % (soit 10 PCS) fonctionnaient bien à très bien, ce qui apparaît comme satisfaisant au vu du jeune âge du dispositif et des conditions de relative précarité dans lequel il a démarré. Seuls 2 PCS étaient considérés comme « débutants » et leur fonctionnement a été relevé comme insatisfaisant.

Les 13 et 14 janvier 2004, un colloque a été organisé à Molenbeek, sous l’initiative de Monsieur Alain HUTCHINSON. Il a permis de faire le point sur les divers projets de cohésion sociale mis en oeuvre ces dernières années, leur importance et leur évolution dans le temps et les moyens financiers et subsides y consacrés.

Pour se faire, divers rapports établis par l’agence ALTER, la Fondation pour la solidarité et le CBAI (Centre bruxellois d’action interculturelle), assez détaillés, ont été établis en juillet 2003 en un « Etat des Lieux des programmes Intégration-Cohabitation, Insertion-Sociale et Eté-Jeunes ». Ces rapports peuvent être consultés sur Internet. En septembre 2004, à la demande du Gouvernement, la SLRB a confié à l’Agence ALTER l’établissement d’un nouveau rapport externe concernant les projets de cohésion sociale menés pour l’année 2004.

Lors d’une réunion qui s’est tenue à Berchem Ste Agathe, les PCS et les différentes ASBL ont collaboré à l’établissement de cet audit et signé ce rapport (à l’exception d’une : l’Association des Locataires de Molenbeek-Koekelberg (ALMK). A ce jour, un projet de rapport a été élaboré et est dans l’attente de sa finalisation. Une nouvelle réunion entre parties, dès mardi prochain, permettra sa concrétisation.

Il est vrai, on ne peut pas le nier, qu’il existe quelques problèmes de communication entre les SISP et les habitants, certains projets regroupant en effet plus de 2000 habitants de logements sociaux différents et dispersés. Mais petit à petit ce système va se généraliser et la participation de la population deviendra plus spontanée. Bien informés, les habitants seront plus impliqués dans ce processus qui les touche directement, ils seront plus responsabilisés et pourront ainsi avoir une assurance dans le suivi et dans l’évolution des divers dossiers en cours.

De manière générale, selon l’article 2 § 6 des conventions signées, chaque projet de cohésion sociale est tenu de remettre annuellement une auto évaluation à la SLRB sur la situation et l’évolution de ses projets de cohésion sociale.

Pour un bon contrôle de l’avancement de ces projets au niveau des logements, la SLRB a engagé des délégués sociaux depuis le 01/06/94 en vue de faire respecter la législation qui régit la gestion des 33 Sociétés Immobilières de Service Public (SISP) de la Région de Bruxelles-Capitale.

Les projets de cohésion sociale (PCS) sont pilotés par les habitants des immeubles et du quartier, des représentants du tissu associatif, du Centre Public d’Aide Sociale (CPAS), de la société de logement social ainsi que de la commune. Une bonne collaboration et communication entre chaque partenaire permet une bonne évolution sur le terrain.

Des antennes locales de travailleurs sociaux et de juristes prennent en charge des cas de détresse individuelle ou familiale, de surendettement, pour lesquels les SISP ne sont pas outillées.

En ce qui concerne la convention, chaque PCS signe un contrat avec la SLRB qui lui est propre, selon ses idées et ses objectifs à poursuivre dans son quartier. Chaque PSC est donc tenu par sa propre convention, mais, en ce qui concerne l’auto évaluation, chaque PCS est tenu de la remettre régulièrement et annuellement à la SLRB.

Afin de renforcer l’intégration sociale, divers aménagements peuvent être créés ou restructurés, au niveau local par le sport et le jeu, il convient en premier lieu d’aménager l’espace physique ou le cadre de vie afin de permettre une activité physique quotidienne. (plaine de jeux pour les jeunes doit aussi pouvoir être perçue comme un lieu de rencontre pour les seniors, locaux de sport pas accessibles à tous) L’aménagement urbain doit prévoir la création de chemins à l’intérieur des quartiers d’habitation, suffisamment éclairés (ils créent un environnement qui permet aux gens de se déplacer en sécurité) et doit assurer l’optimalisation de l’utilisation des espaces existants pas accessibles à tout le monde ... L’instauration de la convivialité entre les habitants par des activités interculturelles, intergénérationnelles ; l’alphabétisation, les fêtes de quartier. L’organisation de réunions des comités de quartier et les réunions avec les dirigeants des sociétés de logements sociaux permettent de parler de divers thèmes : l’humidité, la propreté, les problèmes de voisinage, etc., et permettent de résoudre de petits conflits à l’amiable par l’instauration du dialogue ... Elles permettent aussi de développer des activités avec des groupes de femmes : (alphabétisation, gymnastique, sorties à l’extérieur, rencontre avec les professionnels de la santé) ou des jeunes pendant les périodes de congés scolaires par diverses activités culturelles et sportives.

Les projets de cohésion sociale peuvent être de type communaux, intercommunaux et projets IS.

Dix-neuf projets sont actuellement pilotés par le secteur associatif en partenariat avec les sociétés de logements sociaux, les associations des locataires et les communes. Ils visent à recréer une dynamique collective des locataires des grandes cités pour les concerner à la gestion de leur immeuble et à recréer un lien entre les cités et leur quartier. Outre des associations de défense des locataires, 28 autres ASBL oeuvrent à l’insertion par le logement, ce qui reflète bien l’importance sociale des projets.

Le type d’activités prioritaires pour les PSC sont la médiation entre le public et le scolaire (école des devoirs..), l’alphabétisation et la connaissance du français, des conférences-débats sur les questions liées au logement, l’emploi et la santé ; l’information et la responsabilisation par contacts entre propriétaires et locataires ; divers projets spécifiques aux femmes, la dynamique de quartiers et la participation des habitants à la vie du quartier, des rencontres entre générations...

Sur les 19 PCS actuels, nous pouvons citer 3 projets sur Anderlecht, 1 sur Berchem St Agathe, 5 à Bruxelles Ville, 1 à Neder-Over-Heembeek, 1 à Etterbeek et 1 autre à Evere, 1 sur Forest, 1 sur Jette, 1 sur Molenbeek, 2 à Schaerbeek et 1 à Woluwé-St-Lambert et 1 à Uccle.

Chaque projet regroupe plusieurs personnes à la coordination de son ensemble : un président, un coordinateur du projet, des chargés de missions et d’enquêtes auprès de la population, des animateurs et des éducateurs qui mettent en place tout le système pour assurer un bon fonctionnement des projets de cohésion sociale.

Le but de ces projets est d’assurer une bonne intégration de tous les habitants dans leur quartier, d’éviter l’exclusion sociale, ethnique ou religieuse, d’assurer une bonne dynamique de quartier et lui redonner vie, de faire participer la population à une vie citoyenne responsable et de permettre à certains à accéder à des enseignements qu’ils ne pourraient recevoir autrement.

Les PCS sont une vraie valeur ajoutée communautaire et sociale. Leur réussite est facteur de la collaboration de chacun, de l’évolution positive dans le temps et dans l’espace. Nous soutenons vivement ces projets.


redacteur spip:   0. Ahmed El Ktibi
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