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Les sans papier- publie le 14 février 2011L’histoire de l’humanité c’est l’histoire des migrations. Il suffit de rappeler que la première puissance économique mondiale a été fondée par des immigrés. Un des Etats fondateurs de l’Europe des 6, en l’occurrence l’Italie, a été un pays d’émigration massive jusque dans les années 1970. Aujourd’hui, elle est devenue un pays de destination des migrants. Les motivations pour quitter le pays natal sont diverses : fuir les guerres, chercher une vie libre, des conditions économiques meilleures. Dans tous les cas, il s’agit d’abandonner un environnement hostile pour rejoindre une terre qui se veut d’accueil. Cela ne se fait jamais de gaîté de cœur. Il faut quitter sa famille et ceux qu’on aime sans savoir trop bien de quoi demain sera fait. Les immigrés représentent 2 à 6 % de la population mondiale et 80 à 90% des migrations vont du Sud vers le Nord. D’ores et déjà le montant des envois d’argent des travailleurs immigrés à leurs familles restées au pays est plus élevé que l’aide au développement international. L’immigration est donc un fait économique majeur qui ne saurait être nié mais organisé dans le respect des droits de l’homme. La globalisation a réduit les distances géographiques et modernisé les moyens de communication. Les législations des Etats rendent pourtant les migrations périlleuses, pour le plus grand bénéfice des réseaux criminels qui organisent le franchissement illégal des frontières ou des mers en mettant en péril la vie des candidats à l’exil. La méditerranée est un cimetière marin ; la muraille de barbelés le long du Rio Grande s’impose comme une infranchissable frontière, tandis que l’Europe propose à certains pays sous-traiter la chasse aux immigrés et leur renvoi vers le pays d’origine. Ceux qui sont parvenus à franchir les frontières doivent se résigner à une vie de clandestinité. Avec les violences physiques et psychologiques qu’elle génère. Vivre dans les marges de la société, ne pouvoir être sujet de droits et de devoirs, c’est vivre dans l’inquiétude permanente. Cela signifie ne pas pouvoir se stabiliser, ne pas pouvoir se soigner convenablement, travailler pour un salaire qui ne suffit pas à se maintenir. La clandestinité est un présent continu de menaces toujours recommencées. Le clandestin est quant à lui la proie des marchands de sommeil qui louent des taudis à des prix prohibitifs. En Belgique, l’exploitation sans vergogne de cette main-d’œuvre, sans contrat et pour un salaire inférieur au revenu minimum d’intégration, sans couverture sociale, sans assurance est la source de nombreux d’accidents du travail. Mais il y a aussi l’exploitation par des bandes criminelles organisées de certains mineurs dans la prostitution ou la traite d’êtres humains. Des enfants mineurs d’âge, accompagnés ou non de leurs parents ou de membres de leur famille se retrouvent dans des centres fermés (Steenokkerzeel, Melsbroek, Merksplas, Vottem). Leurs conditions de vie sont lamentables, sans enseignement scolaire et don sans projet de vie. Cette maltraitance psychologique est grave et peut laisser des traces de troubles comportementaux, psychosomatiques, de dépression et d’anxiété, d’après les spécialistes des traumatismes psychologiques. Comment expliquer à un enfant qu’il doit se retrouver en prison alors qu’il n’a rien fait ? Fuir la misère serait-il une nouvelle forme de crime ? Une situation d’irrégularité longue crée des drames humains et familiaux, comme des expulsions de familles très bien intégrées, dont les enfants sont souvent scolarisés ou dont les enfants à charge sont en séjour régulier. Parfois, ces enfants sont nés en Belgique et ne connaissent rien du pays d’origine de leurs parents. Les « sans-papiers » vivent des situations de précarité, d’insécurité juridique, humaine et sanitaire, de contentieux avec les institutions. Ils s’épuisent dans procédures administratives complexes, longues et aléatoires. Ce ne sont plus des individus mais des numéros de dossier sans plus aucun souci de la dignité humaine la plus élémentaire. Ils occupent les églises, font des grèves de la faim, mettent leur vie en danger pour sensibiliser la population sur leur situation de vie inacceptable. Il est donc urgent de mettre en place une politique de l’immigration pro active et réfléchie sur les types de migrations actuelles : économiques, démographiques, humanitaires. La politique de régularisation devrait être accélérée et basée sur des critères justes et objectifs, clairement définis qui éviteront à l’avenir des situations de clandestinité, de non respect des droits de l’homme et des droits de l’Enfant que nous connaissons actuellement. Les cinq partis de la majorité gouvernementale au niveau fédéral, dont le PS, avaient, dès le 19 mars dernier, conclu des accords sur un dispositif de régularisation des sans-papiers. Les socialistes connaissent les conditions de vie au quotidien de milliers de personnes clandestines et, par leur participation au gouvernement, et notamment à propos de cette problématique, ils ont essayé de tout mettre en place pour que des critères de régularisation humanitaire soient retenus. Ainsi, les critères pris en compte étaient la régularisation des sans papiers qui se trouvent dans une longue procédure de régulation, de ceux qui disposent d’une offre d’emploi ferme (régularisation par le travail) ou encore et surtout, ceux qui font valoir un ancrage local durable. Dès lors, notre parti ne peut accepter la nouvelle proposition de circulaire présentée par la Ministre fédérale en charge de l’asile ; qui va à l’encontre du pré-accord gouvernemental du mois de mars. Nous espérons vivement un nouveau débat autour du sujet pour remettre sur la table les critères qui avaient été retenus. De manière générale, le PS regrette l’approche purement utilitariste du phénomène des migrations. Le volet « immigration économique » suscite dans ce cadre un grand nombre d’inquiétudes. L’ouverture du marché du travail aux étrangers non ressortissants des pays de l’Union européenne ne constitue en rien une solution pour les personnes présentes en Belgique et cherchant un emploi. Le PS rappelle que la priorité doit être la mise à l’emploi, en particulier des jeunes et des personnes issues de l’immigration, ainsi que la formation de ceux qui ont besoin d’une qualification pour augmenter leurs chances de trouver un travail. De plus, le Parti socialiste rappelle les dérives graves constatées au sein des centres fermés par les associations et la presse (soupçons de mauvais traitements suite aux déclarations de certains membres du personnel des centres fermés). Le PS s’inquiète d’autre part des risques réels en termes de santé pour les sans-papiers qui entament des grèves de la faim et se trouvent souvent dans un état de faiblesse alarmant. Nous ne pouvons cependant cautionner ces grèves de la faim comme moyen de pression pour une régularisation plus rapide par les autorités. Elles ne représentent pas une option politique durable et nuisent d’abord à ceux qui les mènent par désespoir Enfin, j’ai envie de terminer en vous disant que le PS soutient simplement les revendications des sans papiers et l’établissement de critères clairs, précis et non aléatoires pour leur régularisation.
redacteur spip:
0. Ahmed El Ktibi
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