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Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale - session 2009-2014
Interpellations, questions orales et écrites et intervention en commissions et séances plénières
Commission Environnement
Question orale en commission du 8 novembre concernant « l’effet nuisible du chlore sur la santé et la fertilité »
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Question orale en commission du 8 novembre concernant « l’effet nuisible du chlore sur la santé et la fertilité »- publie le 27 octobre 2011À l’origine, ma question orale jointe avait été introduite en tant qu’interpellation, ce qui explique sa longueur. Depuis plusieurs années, le professeur Albert Bernard, directeur de recherche en toxicologie et professeur à I’UCL, étudie les effets de la fréquentation des piscines chlorées sur la santé des enfants. De précédents travaux l’avaient amené à tirer la sonnette d’alarme. Ils établissaient en effet un lien direct entre l’usage du chlore dans les piscines intérieures et les problèmes de santé respiratoire (asthme, bronchite...) chez les enfants. Par la suite, le professeur a souligné le danger du chlore et de la mauvaise aération des piscines chlorées sur les bébés nageurs, étant donné la fragilité pulmonaire des enfants en bas âge. Pour rappel, les poumons des enfants se développent jusqu’à l’âge de six ou sept ans. L’immersion des bébés nageurs imprègne les poumons d’eau, mais aussi de produits utilisés pour désinfecter les piscines. Lors de la législature précédente, je vous avais d’ailleurs déjà interpellée sur les inquiétudes de mon groupe à l’égard du chlore et de ses conséquences néfastes sur la santé de nos enfants. Malgré vos informations, selon lesquelles un grand nombre de piscines bruxelloises avaient procédé à des travaux de rénovation de leur système de traitement de l’eau et avaient mis en place des mesures visant à limiter la pollution de l’eau des bassins, en application de l’arrêté et de l’ordonnance de 2002, de nombreuses piscines ne respectant pas l’arrêté avaient dû fermer leurs portes à l’époque, faute de moyens pour opérer les aménagements nécessaires. Malheureusement, le professeur Bernard avait déjà souligné aussi que les normes prises vis-à-vis du chlore et les systèmes de traitement actuel de l’eau permettant de réduire les concentrations en chlore combiné dans l’eau de manière à ce qu’ils n’excèdent pas 0,3 microgrammes par litre, étaient insuffisantes. Vous aviez également évoqué les difficultés de piscines, comme celle du Blocry, qui utilisent des méthodes de filtration alternatives, notamment la méthode cuivre-argent, à absorber le choc contre toute pollution directe du bassin. Disposez-vous actuellement des résultats des évaluations réalisées en 2004 ? Dans une toute récente étude, largement relayée par la presse, un nouveau problème de santé a été soulevé : celui de la fertilité des garçons. La cause n’est pas le chlore en tant que tel, mais sa transformation chimique au contact des sécrétions naturelles de l’homme. De fait, le chlore se transforme en trichloramine, le gaz dérivé le plus volatil et le plus abondant, par contact avec l’urine, la transpiration, les squames de peau ou encore la salive. Une exposition prolongée à cette chloramine, par une fréquentation régulière de la piscine, réduirait ainsi la fertilité des hommes. Des tests ont été réalisés sur deux groupes d’adolescents de quatorze à dix-huit ans. Les uns fréquentaient des piscines traitées au chlore, tandis que les autres utilisaient la piscine du Blocry à Louvain-la-Neuve, dont l’eau, sans chlore, est traitée selon la méthode cuivre-argent. Les résultats des prises de sang effectuées pendant cette recherche indiquent des valeurs normales pour la plupart des hormones des deux groupes confondus. Cependant, pour le groupe exposé au chlore, les résultats relatifs à la testostérone et l’inhibine B étaient significativement différents. L’inhibine B est une hormone fabriquée par les cellules de Sertoli. Celles-ci contrôlent l’évolution de la spermatogénèse et jouent un rôle nourricier pour le spermatozoïde en maturation. L’analyse des résultats fait ressortir le fait que, parmi les 10% d’adultes ayant un problème de fertilité, l’inhibine B est en déficit. Ce déficit est également plus souligné chez les jeunes ayant fréquenté plus spécifiquement les piscines chlorées. L’arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale du 10 octobre 2002 fixe des conditions d’exploitation pour les bassins de natation et complète l’arrêté du 4 mars 1999 et l’ordonnance du 5 juin 1997. Malgré la réglementation existante, les normes de contrôle, d’usage et de diminution de l’utilisation du chlore dans les piscines publiques fermées ne seraient a priori pas suffisantes et devraient être plus strictes. La piscine du Blocry à Louvain-la-Neuve a été construite avec un système de traitement des eaux au cuivre-argent, ce qui réduit quasiment à zéro les risques d’émanation de chloramine et ses effets néfastes sur la santé. Le professeur Bernard compare d’ailleurs toujours les nageurs de cette piscine avec ceux des autres piscines traditionnellement traitées au chlore. Les résultats de ses recherches seraient étonnamment explicites au sujet des problèmes de santé publique générés par l’utilisation du chlore. Le groupe socialiste est interpellé par ces nouveaux risques potentiels pour la santé de nos enfants et adolescents. Après les risques pour les poumons, le chlore présente des risques pour la fertilité. Le professeur Bernard estime que les normes actuelles d’utilisation du chlore dans les piscines publiques ne sont pas suffisamment strictes et qu’elles devraient être augmentées pour diminuer les risques sur la santé des nageurs. Depuis plusieurs années, le cours de natation est obligatoire dans le cursus scolaire. De plus en plus d’enfants sont donc exposés, dès leur plus jeune âge, aux émanations de chlore. Le gouvernement se doit de faire prévaloir le salutaire principe de précaution en matière d’utilisation du chlore. Toutefois, ce principe de droit de l’environnement est bien entendu lié au contexte plus large des publications scientifiques. La santé et un environnement sain sont essentiels et il est vrai que d’autres facteurs environnementaux influent sur notre santé. Lorsque des recherches mettent en évidence certaines failles possibles, il faut toutefois tout mettre en oeuvre pour y remédier. Comment vous situez-vous par rapport à cette étude ? Avez-vous entrepris d’autres analyses de cette question ? Sommes-nous en présence de risques potentiels sur la santé ? Dans l’affirmative, pourquoi les normes de chlore ne sont-elles pas renforcées dans les piscines, au vu des résultats des différentes études menées depuis plus de dix ans par le professeur Bernard et des chercheurs d’autres pays ? Une modification de l’arrêté du 10 octobre 2002 s’imposerait-elle, de manière à renforcer les mesures et les contrôles dans les piscines ? Est-ce à l’agenda du gouvernement, et plus particulièrement de votre ministère ? Pourquoi ne remplace-t-on pas le traitement des eaux dans les piscines publiques par un traitement cuivre-argent ? Quelle est l’estimation des coûts de la modification des opérations de traitement des eaux des bassins de natation de l’ensemble de notre Région ? D’autres alternatives existent-elles ?
redacteur spip:
0. Ahmed El Ktibi
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