Ahmed El Ktibi
L’énergie moins chère pour tous

L’énergie moins chère pour tous

Chers collègues,
Tout comme l’eau ou l’alimentation, l’énergie est un bien de première nécessité. Malheureusement, encore aujourd’hui, au 21ème siècle, de trop nombreux ménages ne peuvent bénéficier de l’énergie qui leur est nécessaire, et ce, à un coût abordable au regard de leurs revenus.

Dans notre région, 30% de la population vit dans la précarité énergétique ou serait en risque de précarité. Des chiffres interpellant ! Le prix de l’électricité et du gaz en Belgique est cher, un des plus chers de l’Union Européenne, et ce sont les ménages précaires qui en font le plus les frais. Des mécanismes correctifs manquent cruellement afin d’assurer des conditions de vie conforme à la dignité humaine. Et ce d’autant plus que j’aimerais rappeler, que contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce ne sont pas uniquement les ménages les plus pauvres qui ont ce problème d’accès à l’énergie à un prix abordable : dans notre pays, près de 40% des ménages en précarité énergétique ne sont pas en risque de pauvreté ! Il semble que pour de plus en plus nombreux, l’énergie devient presque un luxe !
Faut-il le rappeler, selon les derniers chiffres de la Fondation Roi Baudouin, pendant la période hivernal plus de 20 % de nos concitoyens ont froid malgré eux… Les frais énergétiques touchent aux autres budgets dédiés à des besoins vitaux comme le logement, l’alimentation ou encore l’éducation. Le risque d’endettement augmente et les mesures d’aide urgente n’apportent pas de solution à long terme. Tous les CPAS bruxellois tirent la sonnette d’alarme car le phénomène s’accroît.

Plusieurs études ont mis en évidence l’augmentation du nombre de décès et de problèmes de santé en hiver, qui touchent surtout les plus vulnérables sur le plan de la santé, comme les personnes âgées et celles souffrant de problèmes respiratoires, accentués par la pollution...

Pour mon Groupe et moi-même, l’amélioration d’accès à l’énergie verte à un prix abordable est fondamentale. Une mesure face à l’échec de libéralisation du marché de l’énergie, est d’inciter le citoyen à comparer les prix et de pouvoir lui proposer les tarifs le moins chers sur le marché en organisant les achats groupés d’énergie.

Les achats groupés incitent les clients à être plus actifs sur le marché afin de profiter de meilleurs prix. Pour beaucoup des citoyens, comparer les tarifs des fournisseurs n’est pas facile et les pratiques commerciales parfois litigieuses de certains fournisseurs n’incitent pas non plus à la confiance. C’est pourquoi une large part des consommateurs est toujours liée au fournisseur historique alors qu’ils pourraient bénéficier d’offres plus avantageuses. En participant aux achats groupés ces personnes peuvent réaliser d’une manière facile, libre et rapide des économies. Le système est d’autant plus bénéfique pour les personnes qui n’ont jamais changé de fournisseur d’énergie, et ça concerne le plus souvent nos ainés, dont les conditions contractuelles et financières sont rarement les plus favorables.

L’objectif des achats groupés est donc de rassembler les consommateurs, pour leur garantir l’accès simple et rapide à l’énergie à un prix intéressant. En Belgique, depuis la libéralisation du marché de l’Energie (donc en 12 ans), 18% de nos citoyens sont restés aux contrats de base pour l’électricité et 13% n’ont jamais changé leur contrat pour le gaz. D’un point de vue global, cela représente malgré tout une grande partie de la population. Par ailleurs, j’aimerais rappeler, que si au cours de ces 12 dernières années une majorité de Belges ont changé au moins une fois son fournisseur d’énergie, c’est aussi grâce à l’organisation des achats groupés.
De plus, il semble que grâce aux achats groupés beaucoup de consommateurs auparavant très passifs sur le marché d’énergie se transforment en consommateurs mieux informés, plus actifs et attentifs aux prix.

Par ailleurs, le SPF Economie et le régulateur de l’énergie flamand soulignent souvent le rôle positif de ces initiatives sur les marchés de l’énergie. Cependant, le nombre d’achats groupés à Bruxelles et en Wallonie reste inférieur à celui du Nord du pays, et à moindre échelle géographique. C’est pourquoi il convient de remédier à cette situation, et c’est là, l’esprit de la résolution que je défends devant vous aujourd’hui.

Plusieurs initiatives d’achats groupés, notamment privées, se sont positivement développées, mais l’offre reste encore limitée et nécessite un encadrement et un accompagnement renforcé. L’initiative de l’une ou l’autre commune, comme la Ville de Bruxelles, propose des achats groupés de gaz et d’électricité aux habitants des 19 communes, mais sans pouvoir mener des campagnes de sensibilisation en dehors de leurs limites administratives respectives.

Par exemple, dans le cadre de l’initiative d’achat groupé supporté par la Ville de Bruxelles l’année passée et qui a pu compter sur la participation de 2.475 ménages, ceux-ci ont pu bénéficier d’une économie moyenne sur l’année de 155 euros, c’est qui n’est pas négligeable.

Je tiens enfin à souligner, que le secteur public peut jouer un rôle en privilégiant les énergies vertes. Mon Groupe et moi-même, pensons qu’il est important de prendre toutes les initiatives utiles pour promouvoir les achats groupés d’énergie, et d’encourager les pouvoirs locaux et régionaux à mettre en œuvre ces mécanismes permettant de réduire significativement les factures de gaz et d’électricité surtout à l’attention de publics devenus vulnérables.

Le niveau régional est à cet égard d’autant plus pertinent, que la campagne de sensibilisation et d’inscription peut être menée sur l’ensemble du territoire.

Je me réjouis que ma proposition ait pu rassembler un aussi large consensus parmi les groupes politiques qui sont nombreux à la co-signer. Il est positif que nous agissions de concert pour encourager les dispositifs qui ont fait leurs preuves dans le soutien de l’accès de tous à l’énergie.

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Ville de Bruxelles