Ahmed El Ktibi
La pollution sonore dans les écoles

La pollution sonore dans les écoles

Madame la Ministre,

Le problème de la pollution sonore dans notre ville a déjà été évoqué plusieurs fois au sein de cette commission. Nous savons tous que le bruit a des multiples répercussions négatives sur notre santé. Le bruit peut déranger, nous rendre indisposés, stressés et malades. Il cause la fatigue auditive, il perturbe le sommeil et la capacité de concentration et nuit à la qualité du travail. L’excès de bruit peut induire des comportements négatifs comme de l’agressivité, de l’irritabilité, de l’agitation motrice ou de l’excitation . Il a un impact néfaste sur notre santé, car il accroît le risque des maladies cardio-vasculaires . Le bruit agit aussi sur les systèmes nerveux, respiratoire et digestif. L’exposition prolongée à des niveaux des bruits intenses détruit peu à peu les cellules ciliées de l’oreille interne et peut conduire progressivement à une surdité irréversible .

A Bruxelles, 431.000 personnes (36 % de la population) sont exposées tous les jours à un niveau important de pollution sonore – de 65 à plus de 75 décibels, soit 31 % dans les habitations, 20 % dans les hôpitaux et 18 % dans les écoles et c’est sur le problème de bruit dans ces dernières que j’aimerais me pencher aujourd’hui .

Selon les résultats d’une enquête sur le bruit à l’école, réalisée par le groupe IDEWE dans 8 écoles du Brabant flamand, les élèves et les enseignants de nos écoles sont confrontés quotidiennement à des niveaux sonores qui risquent d’endommager leur santé et c’est très inquiétant.

Pour une journée de travail, on considère que l’ouïe est en danger à partir de 80 dB(A). Si le niveau est extrêmement élevé (supérieur à 130 décibels), toute exposition, même de très courte durée devient dangereuse .

La nouvelle enquête nous apprend qu’en classe, le niveau sonore variait entre 71 et 89 décibels. Plus inquiétant, selon ces études, dans la cour de récréation, le seuil nuisible de 85 décibels est largement dépassé, avec un niveau sonore compris entre 89 et 95 décibels. Si dans les salles de sport, le niveau sonore oscille autour de 85 décibels – équivalant à la moyenne d’exposition journalière au-delà de laquelle la loi oblige le port de protections auditives, les pic maximum mesuré a été de 127 décibels. C’est un niveau de bruit qui correspond au bruit d’un avion de chasse en cours de démarrage .

Par ailleurs, plus de 40% des enseignants ont indiqué avoir occasionnellement ou souvent le sentiment de ne pas entendre correctement ou d’éprouver des difficultés de suivre des conversations dans un environnement bruyant. Selon d’autres études, 40 à 60% des enseignants développaient des problèmes vocaux, notamment en voulant supplanter le bruit pour se faire comprendre .

Toutefois, le problème de bruit dans les écoles ne touche pas seulement les enseignants. Les élèves se plaignent aussi de fatigue auditive et de difficultés de concentration.

Selon la Fédération des associations des parents de l’enseignement officiel (FAPEO), le problème se trouve notamment dans les infrastructures de nos écoles qui sont souvent vétustes et les classes qui sont trop petites. De plus, le bruit dans le réfectoire empêche les élèves d’apprécier la pause de midi pour ce qu’elle devrait être, c’est-à-dire un moment de détente .

Madame la Ministre, j’aimerais vous poser les questions suivantes :

• Disposez-vous d’une étude ou de nouvelles informations concernant la pollution sonore uniquement dans les écoles de notre région ?

• Nous savons que vous avez décidé d’agir et de mettre l’accent sur le calme, en élaborant un nouveau plan de lutte contre le bruit « Quiet Brussels », dont l’objectif est d’améliorer la situation dans notre ville. Je sais que ce plan prévoit aussi plusieurs mesures ayant pour but de diminuer la pollution sonore dans les écoles. Pourriez-vous nous brosser vos priorités d’action dans le cadre de la lutte contre le bruit dans nos écoles ?

• Dans le cadre du précédent plan bruit, certaines campagnes de sensibilisation des enfants et des jeunes ont déjà été menées (comme les cycles d’animations pour les classes, la campagne de 2015 « L’environnement sonore à l’école : AGIS-SONS », etc.). Disposez-vous d’une première évaluation de ces campagnes ? Dans l’affirmative, quelles sont les conclusions à tirer et vos recommandations, notamment pour la prochaine législature ?

• Avez-vous prévu des nouvelles campagnes ou des actions de sensibilisation innovantes dans le cadre de la lutte contre le bruit dans nos écoles ? Dans l’affirmative, pourriez-vous nous en dire un peu plus ?

• Dans le nouveau plan bruit, la Région a décidé d’étudier la mise en place d’un mécanisme d’accompagnement bruit pour les projets de construction ou de rénovation d’écoles, en partenariat avec le Service Ecole régional (visant à désigner une personne de référence au sein du Service Ecole, accompagner les auteurs de projet et les pouvoirs organisateurs, intégrer des clauses acoustiques dans les cahiers des charges de travaux). Ces études ont-elles déjà été lancées ? Pourriez-vous nous en dire un peu plus ? Disposez-vous de premiers résultats ?

• Dans le même plan, la Région s’engage aussi à soutenir, dans les écoles bruxelloises, la réalisation d’audits préalables, la mise en œuvre de travaux d’insonorisation ou l’achat de mobilier destinés à améliorer le confort acoustique dans les écoles . Les premiers appels au projet pour remplir ces engagements ont-ils déjà été lancés ? Dans l’affirmative, pourriez-vous nous en parler un peu plus ?

• Depuis 20 à 25 ans, les jeunes Bruxelloises et Bruxellois grandissent et vivent leur vie de jeunes adultes en compagnie permanente des écouteurs. On est passé de la cassette audio au smartphone à travers le CD et le lecteur MP3, mais ce qui n’a pas changé c’est la facilité avec laquelle on peut reconnaître les morceaux qu’écoutent à côté de nous les jeunes dans les transports de la STIB. Il s’agit certes d’un choix et non d’une pollution sonore subie, mais le résultat en termes d’impacts sur la santé est le même. Est-il prévu, dans le cadre des grandes orientations du plan, de prendre des mesures de sensibilisation des jeunes aux risques auxquels ils s’exposent à plus long terme ?

Je vous remercie pour vos réponses,

Ahmed El Ktibi

Infos pratiques

Contactez moi !

PS
Ville de Bruxelles