Ahmed El Ktibi
Nos cimetières : un patrimoine inestimable

Nos cimetières : un patrimoine inestimable

Nos cimetières bruxellois constitutent une richesse patrimoniale et historique unique que les Bruxellois ont tout à gagner à découvrir. Ils font même l’objet de visite de délégations de l’étranger. Ce 3 octobre 2019, nous avons ainsi accueilli les membres de l’Association européenne des cimetières remarquables. Voici le discours que j’ai prononcé à cette occasion :

"Bonjour et bienvenue à toutes et tous,

Nous sommes ici dans le cimetière de Laeken.
C’est le plus ancien cimetière bruxellois encore en fonction.
C’est également le dernier cimetière de la Région bruxelloise du type « paroissial », établi autour d’une église suivant l’ancienne coutume chrétienne d’ensevelir les morts à proximité des vivants. Les autres cimetières de cette catégorie ont été remplacés par des cimetières communaux installés ensuite en dehors des zones urbanisées.

Quand je disais que c’était le plus ancien, certains estiment que sa création date du 8e siècle, époque à laquelle remonterait le premier lieu de prières de Laeken.
On sait par contre avec certitude que, dès le 13e siècle, une église gothique se dressait au centre du petit village de Laeken et qu’elle était entourée par un cimetière.

A la fin du 18e siècle, pour des raisons d’hygiène, Joseph II interdit d’enterrer les morts près des églises dans les villes et c’est ainsi que débuta la construction de cimetières extra muros : à Saint-Josse, Molenbeek et Saint-Gilles notamment.
Celui de Laeken bénéficia d’un sursis. L’arrivée de la nouvelle famille royale en 1831 à Laeken donna ensuite ses lettres de noblesse à la commune et le cimetière doubla de taille l’année suivante.
De nouvelles extensions eurent encore lieu en raison de l’accroissement de la population, mais on arriva bientôt à saturation. C’est ainsi que l’échevin et futur bourgmestre Émile Bockstael, qui était aussi ingénieur, imagina un réseau de galeries funéraires souterraines longues de plusieurs centaines de mètres dans lequel on pouvait pénétrer par différents monuments.

Au début du XXe siècle, le cimetière de Laeken a été rapidement comparé au Père Lachaise parisien, notamment parce que toute une série de personnalités, depuis sa construction, tenaient à être enterrées à Laeken.

Beaucoup parmi elles cherchaient d’ailleurs à se distinguer du commun des mortels - si vous me passez l’expression - en faisant construire un monument funéraire. Nombre de notables ont ainsi fait appel à des artistes renommés pour faire construire leur monument.
Parmi les personnalités inhumées au cimetière de Laeken, on dénombre des bourgmestres (Rouppe, Fontainas, Bockstael,…), des architectes, comme Poelaert, mais aussi des artistes, comme le violoniste Charles-Auguste de Bériot, la pianiste Marie Pleyel ou l’écrivain Michel de Ghelderode.
Le cimetière possède également une œuvre majeure avec un penseur original de Rodin. Il a une particularité : lors du solstice d’été, un cœur s’y dessine avec le soleil.

Malheureusement, le cimetière a été victime de vols et c’est pourquoi nous travaillons aujourd’hui sur la surveillance caméras. Nous avons aussi un projet de voiturettes pour les personnes à mobilité réduite et nous comptons mettre en place des audioguides, d’abord bilingues français/néerlandais, avec l’intention de proposer ensuite d’autres langues.
Des projets existent également avec les écoles pour mieux faire connaître ce lieu historiquement riche et à haute valeur patrimoniale".

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